[Budget 2020] Les mesures sociales annoncées répondent-elles aux enjeux actuels ?

Le logement social au cœur des préoccupations ?

Nous avons récemment été témoins du délogement de familles entières qui squattaient des terrains d’Etat, dans plusieurs régions de l’île, une situation malaisante qui vient nous rappeler que nombreux de nos concitoyens vivent encore dans des conditions inhumaines en 2020.

Et qu’on ne s’y méprenne, cette situation est bien plus prévalente que ce qu’on pourrait le croire ; même sur des terrains acquis légalement, dans des quartiers défavorisés, par exemple, des familles en difficulté s’empilent les unes sur les autres au fil du temps, les rendant plus susceptibles aux fléaux qui touchent notre société.

Les mesures sociales annoncées dans le Budget 2020-2021 en faveur du logement social, à travers la construction de 12,000 unités de logement sociaux, reconnaissent donc quelque part « the elephant in the room ».

« Il est primordial que ces logements reviennent à ceux qui en ont véritablement besoin. »

Source: NHDC

Il est primordial, à présent, que ce projet soit mené avec la transparence la plus ultime afin que ces logements reviennent à ceux qui en ont véritablement besoin. Cela devra se conjuguer avec un traitement efficient et juste des dossiers de demandes de logement pour ceux qui sont dans l’attente.

Un accompagnement des familles et un accès à d’autres opportunités sociales comme l’éducation financière sont également des mesures dont on ne peut nier l’impact positif et qui devraient logiquement se greffer aux objectifs du gouvernement en matière de logement social et d’égalité des chances.

Après tout, que peut-on attendre d’autre de la part d’un Etat-providence et d’un pays comme Maurice, reconnu dans les régions Afrique et océan indien comme une référence du « développement » – et qui disposent visiblement des ressources nécessaires pour venir à bout de la pauvreté ?

« Infrastructures communautaires modernes et accueillantes », une priorité ?

Le développement d’infrastructures communautaires a toute sa raison d’être mais en fonction de notre angle d’approche, le pari de répondre aux attentes et aux besoins des habitants de chaque région peut, ou pas, être gagné.

Dans son discours, le ministre des Finances a fait références à différentes mesures telles que l’aménagement de foires et la construction de complexes polyvalents et sportifs. Bien que celles-ci soient intéressantes, s’il y a une leçon à tirer du confinement et des lourdes conséquences que la crise sanitaire mondiale a eu et aura, c’est qu’il nous faut, aujourd’hui plus que jamais, travailler vers l’auto-suffisance et au développement des économies communautaires.

Nul besoin de réinventer la roue ; Et si on développait, aménageait et promouvait davantage des infrastructures existantes comme les centres communautaires afin que les habitants puissent s’approprier ces lieux de vie ? Et si on les équipait également de jardins communautaires ? Et si on donnait la possibilité aux habitants d’exprimer leurs besoins et d’agencer ces espaces en fonction ?

Force est de constater que le confinement a donné lieu à l’émergence de petits commerces et d’échanges de denrées de base entre voisins, par exemple ; communiquer davantage sur le rôle des espaces communautaires pourraient donc devenir un pivot du développement des petites économies locales, de l’auto-suffisance et du bien-être de la population.

Budget 2020-2021, bon ou mauvais ?

Le Dr. Renganaden Padayachy, ministre des Finances, dévoilait jeudi dernier, le 4 juin, le budget 2020-2021. Source: R1

Le budget est présenté annuellement ; combien des réformes présentées l’an dernier ont été mises en place avec succès à ce jour ou sont en cours d’élaboration ? L’an prochain, combien de celles présentées cette année auront été menées à bout ?

Il est facile de qualifier un ensemble de réformes comme étant « excellent » ou, au contraire, « peu cohérent » tout de suite après la présentation d’un budget ; c’est un jeu auquel nous aimons nous prêter. Cela demande pourtant une réflexion beaucoup plus poussée ; on ne pourra trancher que dans la durée.

Si nous souhaitons véritablement évaluer les stratégies proposées chaque année par les autorités, peut-être nous faudrait-il nous munir des précédents budgets pour savoir s’il y existe chez le gouvernement une volonté de changer les choses ?

Johanne Rannoojee


Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s