De la petite île Maurice à la Grande Péninsule

Trois ans passés dans l’Ouest de l’Inde, ça ne s’oublie jamais. Johanne Rannoojee, à l’aube de ses 24 ans, nous raconte ce moment où, entre chaos des voitures et les sensationnelles foules indiennes, elle a trouvé sa paix intérieure, à des milliers de kilomètres de son pays natal.

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On est en 2014. J’arrive en Inde, en escale à Mumbai plus précisément, pour mes trois années d’études en Science Politiques à l’Université de Pune. Je m’apprête à découvrir ce pays mystique dont m’a tant parlé ma mère.  Beaucoup de choses se bousculent dans ma tête.

La descente de l’avion climatisé est un véritable choc. Je suis accueillie par une capitale commerciale indienne en pleine mousson. L’air est lourd ; l’humidité et la chaleur sont palpables. Qu’importe ! L’excitation, les appréhensions et la fatigue du voyage l’emportent sur mes premières impressions. J’ai la gorge nouée d’avoir laissé derrière amis et famille, mais l’optique d’arriver seule dans un pays qui m’offre indépendance fait resonner en moi une inexplicable euphorie – même si, malgré sa beauté brute, je ne remettrai pas les pieds à Mumbai de sitôt.

Mis à part les voyages, je passe la majeure partie de mon temps à Pune, là où se trouve mon université, entre les cours et les soirées chez mes amis. En sus d’être le lieu de rencontres les unes plus belles que les autres, l’Inde devient très vite pour moi, des retrouvailles avec mes racines. D’un point de vue identitaire, je peux enfin découvrir les origines indiennes que je tiens de mes parents, celles que pendant longtemps on m’a niées à Maurice sous prétexte que mes boucles noires qui tombent en pluie et le brun de ma peau font que je ne peux être que ce l’on me dit que je suis. « Je n’avais pas ma place là-bas » pensaient-ils.

Le temps passe mais je suis toujours aussi fascinée par les vastes palettes de couleurs des saris, des gratte-ciels qui côtoient les bidonvilles, des rues noires de monde et par les infinis mélanges de traits. Je m’ouvre à toutes les rencontres, j’absorbe toutes les amitiés et ressens une infinie reconnaissance pour chaque personne qui croise mon chemin.

Les rougailles faits-maison, je ne les maitrise pas aussi bien que maman ou que mes coloc’, Neha et Kirty. J’opte souvent alors pour le Butter Chicken, du poulet qui baigne dans une sauce à la tomate épicée au garam massala, le paneer que j’adore et le Thai Green curry du restau du coin, un plat à base de lait de coco et parfumé aux feuilles de kafir.

Souvent le soir, un de mes amis, Suraj, un véritable poète né, me conte les histoires du Bhagavad Gita, un texte sacrée hindou retraçant les épopées des Dieux de la mythologie hindoue. Mes préférées sont celles de Shiva et de la Déesse Kali. Je comprends peu à peu la force des énergies féminines et masculines, des auras qui apportent cet équilibre parfait ici-bas.

Je porte depuis en moi les souvenirs de toi, Mama India ; toi qui as tant nourri mon âme.


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